L'année 2024 marque un tournant significatif dans les habitudes d'épargne des Français, avec un taux d'épargne atteignant le niveau record de 18%, soit une progression de 3 points par rapport à la période pré-pandémie. Face aux incertitudes économiques, à l'inflation persistante et aux préoccupations croissantes concernant la retraite, les épargnants français privilégient de plus en plus des solutions d'investissement durables et sécurisées. Cette tendance s'explique par une recherche accrue de stabilité financière et par le désir de constituer un patrimoine solide pour l'avenir.
Les comportements d'épargne évoluent également, avec une préférence marquée pour certains produits financiers offrant à la fois sécurité et rendement. Les placements traditionnels comme l'assurance vie et le Livret A continuent de séduire massivement, tandis que de nouvelles alternatives émergent pour répondre aux besoins spécifiques de diversification et de préparation à la retraite.
L'assurance vie : premier placement préféré des français depuis 40 ans
Avec près de 1 800 milliards d'euros d'encours et environ 19 millions de détenteurs, l'assurance vie demeure incontestablement le placement financier favori des Français. Sa popularité s'explique par une combinaison unique d'avantages que peu d'autres produits d'épargne peuvent offrir. En effet, ce placement allie flexibilité des versements, fiscalité avantageuse et possibilité de constituer un capital tout en bénéficiant d'une protection en cas de décès.
Malgré une année 2020 bousculée par la crise sanitaire, l'assurance vie a démontré sa résilience. Selon la Fédération Française de l'Assurance, les investissements en unités de compte sont passés de 28% en 2019 à 34% en 2020, témoignant d'une recherche de rendements plus attractifs de la part des épargnants. Cette tendance s'est poursuivie en 2024, avec un intérêt croissant pour les supports diversifiés offrant des perspectives de rendement supérieures aux fonds en euros traditionnels.
L'assurance vie reste le produit d'épargne préféré des Français car elle protège l'épargne et l'épargnant en offrant les meilleures garanties à long terme, tout en permettant d'épargner en toute liberté et de transmettre un patrimoine dans des conditions fiscales avantageuses.
L'assurance vie séduit également par sa dimension transgénérationnelle. Elle constitue un excellent outil de transmission patrimoniale, permettant de céder un capital sans droits de succession, avec une grande liberté quant au choix des bénéficiaires, même en dehors du cercle des héritiers légaux. Cette disposition fiscale est particulièrement appréciée par les épargnants soucieux de protéger financièrement leurs proches.
Pour les parents désireux de préparer l'avenir de leurs enfants, l'assurance vie offre une solution idéale. En ouvrant un contrat au nom de l'enfant dès son plus jeune âge, ils peuvent constituer progressivement un capital qui sera disponible pour financer ses études supérieures ou l'acquisition de son premier logement. L'effet cumulatif des intérêts sur le long terme permet d'optimiser la performance globale du placement.
Le livret A et LDDS : la sécurité garantie par l'état français
Si l'assurance vie occupe une place prépondérante dans le paysage de l'épargne française, le Livret A reste le produit le plus largement diffusé avec plus de 55 millions de détenteurs. Ce produit d'épargne réglementé bénéficie d'une garantie d'État et offre une liquidité totale, deux caractéristiques qui expliquent sa popularité persistante malgré des rendements historiquement bas jusqu'à récemment.
Selon le baromètre du Cercle des épargnants publié en 2024, les livrets d'épargne réglementés (Livret A, LDDS, LEP et livret jeune) demeurent massivement les placements préférés des Français. Plus de 80% des Français possèdent au moins un livret réglementé, loin devant l'assurance vie (41%) et les produits d'épargne logement comme le PEL et le CEL.
Les nouveaux plafonds du livret A en 2023 et taux historique à 3%
Depuis le 1er février 2023, le Livret A bénéficie d'un taux de rémunération de 3%, un niveau qu'il n'avait pas atteint depuis plus de dix ans. Cette revalorisation, consécutive à la hausse de l'inflation, a contribué à renforcer l'attractivité de ce placement auprès des épargnants. Toutefois, une baisse à 2,5% est attendue au 1er février 2025 en raison du ralentissement de l'inflation.
Le plafond du Livret A reste fixé à 22 950 euros, un montant inchangé depuis plusieurs années. Cette limite peut sembler contraignante pour les épargnants disposant d'une capacité d'épargne importante, mais elle garantit la vocation populaire de ce produit et incite à la diversification des placements au-delà de ce seuil.
LDDS et contribution à la transition écologique des territoires
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), anciennement Codevi puis LDD, complète efficacement le Livret A avec un plafond de 12 000 euros. Sa particularité réside dans l'utilisation des fonds collectés, en partie orientés vers le financement de projets contribuant à la transition écologique ou au développement de l'économie sociale et solidaire.
Cette dimension responsable du LDDS répond aux préoccupations croissantes des épargnants en matière d'investissement socialement responsable (ISR). Pourtant, selon le baromètre du Cercle des épargnants, seuls 37% des Français connaissent l'existence du label ISR, et la perception de l'impact réel de ces placements reste mitigée, avec une note moyenne de 5,2/10 concernant leur capacité à financer effectivement des projets socialement responsables.
Exonération fiscale totale : atout majeur pour 55 millions de détenteurs
L'un des atouts majeurs du Livret A et du LDDS réside dans leur exonération totale d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Cette caractéristique constitue un avantage considérable par rapport à la plupart des autres placements financiers, notamment dans un contexte où 8 Français sur 10 se disent inquiets concernant l'évolution de la fiscalité en France, selon un récent sondage Odoxa pour Groupama.
Cette fiscalité privilégiée explique en grande partie pourquoi, malgré des rendements relativement modestes comparés à d'autres placements plus risqués, le Livret A et le LDDS continuent d'attirer une part significative de l'épargne des Français, qui préfèrent souvent la sécurité fiscale à la performance pure.
Disponibilité immédiate vs autres placements à terme
La liquidité totale offerte par le Livret A et le LDDS constitue un autre atout déterminant. Contrairement aux placements à terme comme le Plan d'Épargne Logement (PEL) ou le Plan d'Épargne Retraite (PER), les sommes déposées sur ces livrets restent disponibles à tout moment, sans pénalité ni contrainte de durée.
Cette disponibilité immédiate répond parfaitement au besoin d'épargne de précaution, qui demeure la principale motivation d'épargne pour 52% des Français en 2024, selon le baromètre du Cercle des épargnants. Face aux incertitudes économiques persistantes, pouvoir accéder rapidement à son épargne constitue une sécurité psychologique importante pour de nombreux épargnants.
L'immobilier locatif : stratégie patrimoniale multi-générationnelle
Traditionnellement considéré comme un placement refuge par excellence, l'immobilier locatif connaît une évolution contrastée dans les préférences des épargnants français. Si les investissements dans la pierre ont enregistré une baisse significative en 2023 (chute de 8 points selon le Cercle des épargnants) et poursuivent cette tendance en 2024 (10% des intentions d'épargne, soit 1 point de moins qu'en 2023), l'immobilier reste néanmoins un pilier essentiel des stratégies patrimoniales à long terme.
Ce recul s'explique principalement par la hausse des taux d'intérêt, qui a renchéri le coût du crédit immobilier et réduit la capacité d'emprunt des investisseurs. Toutefois, l'immobilier conserve des atouts indéniables en termes de constitution et de transmission d'un patrimoine sur plusieurs générations.
LMNP et LMP : optimisation fiscale pour les investisseurs avertis
Les statuts de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) et de Loueur en Meublé Professionnel (LMP) continuent d'offrir des avantages fiscaux significatifs pour les investisseurs avertis. Le régime LMNP permet notamment d'amortir le bien immobilier et les meubles, réduisant ainsi l'assiette imposable des revenus locatifs.
Le statut LMP, accessible sous certaines conditions (notamment générer plus de 23 000 euros de recettes locatives annuelles et que ces recettes représentent plus de 50% des revenus professionnels du foyer fiscal), offre des avantages encore plus étendus, comme la déductibilité des déficits fonciers du revenu global et l'exonération des plus-values professionnelles sous conditions.
Dispositif pinel+ et nouvelles normes environnementales
Le dispositif Pinel+, version améliorée du Pinel classique, s'adresse aux investisseurs soucieux de bénéficier d'une réduction d'impôt tout en contribuant à l'effort de construction de logements neufs répondant à des normes environnementales exigeantes. Ce dispositif, qui prendra fin le 31 décembre 2024, impose des critères de performance énergétique renforcés (RE2020) et des exigences de surface minimale selon la typologie du logement.
La prise en compte croissante des critères environnementaux dans l'investissement immobilier reflète une tendance de fond chez les épargnants français, de plus en plus attentifs à l'impact écologique de leurs placements. Cette évolution coïncide avec une recherche de durabilité et de résilience des investissements face aux enjeux climatiques.
SCPI : mutualisation du risque immobilier sans contrainte de gestion
Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) représentent une alternative séduisante à l'investissement immobilier direct. Elles permettent d'accéder à l'immobilier d'entreprise (bureaux, commerces, logistique, santé...) avec un ticket d'entrée relativement accessible (souvent à partir de 1 000 euros) et sans les contraintes de gestion inhérentes à la location directe.
En 2023, les SCPI ont affiché un rendement moyen de 4,52%, surperformant significativement les fonds en euros des contrats d'assurance vie. Cette performance, couplée à la mutualisation des risques et à la diversification géographique et sectorielle qu'elles offrent, explique l'attrait croissant des épargnants pour ce type de placement, notamment via l'enveloppe fiscale de l'assurance vie.
Nue-propriété et démembrement : stratégie pour les hauts revenus
L'investissement en nue-propriété constitue une stratégie d'optimisation patrimoniale particulièrement adaptée aux épargnants disposant de revenus élevés. Ce montage consiste à acquérir uniquement la nue-propriété d'un bien immobilier, l'usufruit étant temporairement détenu par un bailleur social ou institutionnel pour une durée généralement comprise entre 15 et 20 ans.
Ce type d'investissement présente plusieurs avantages: une décote à l'achat (généralement entre 30% et 45% selon la durée du démembrement), l'absence de gestion locative durant la période d'usufruit, et la récupération automatique de la pleine propriété au terme du démembrement, sans fiscalité supplémentaire. Il s'agit d'une approche sophistiquée qui répond aux objectifs de préparation de la retraite et d'optimisation fiscale.
PER et retraite complémentaire : anticiper la baisse des pensions
Face aux inquiétudes persistantes concernant l'avenir du système de retraite français, le Plan d'Épargne Retraite (PER) s'impose comme une solution incontournable pour compléter les futures pensions. Selon le sondage Odoxa pour Groupama, 23% des Français ont déjà souscrit un PER, un chiffre en progression de 8 points en deux ans, témoignant de l'intérêt croissant pour ce dispositif.
La préparation financière de la retraite constitue d'ailleurs la deuxième motivation d'épargne des Français (26% en 2024, en hausse de 3 points sur un an), juste derrière la constitution d'une épargne de précaution. Cette préoccupation est particulièrement marquée chez les actifs, dont 58% se déclarent inquiets vis-à-vis de leur propre retraite.
PER individuel vs PER collectif : comparatif des avantages fiscaux
Le PER se décline en trois formats: le PER individuel (successeur du PERP et du contrat Madelin), le PER d'entreprise collectif (qui remplace le PERCO) et le PER d'entreprise obligatoire (qui succède à l'article 83). Chacun présente des spécificités en termes d'accès et d'avantages fiscaux.
Le PER individuel offre une déductibilité des versements du revenu imposable, dans la limite de plafonds annuels (10% des revenus professionnels de l'année précédente, plafonnés à 34 614 euros pour 2024). Cette inc
Citation fiscale dans la limite de plafonds annuels s'avère particulièrement intéressante pour les contribuables fortement imposés, offrant un double avantage : réduire l'impôt sur le revenu à court terme et préparer sa retraite à long terme.Le PER d'entreprise collectif présente l'avantage d'être souvent abondé par l'employeur, multipliant ainsi l'effort d'épargne du salarié. Si les versements volontaires ne sont pas déductibles du revenu imposable (sauf transfert vers un PER individuel), ils bénéficient en revanche d'une exonération de charges sociales, ce qui constitue un levier d'épargne non négligeable pour les salariés.
Stratégies de sortie en capital ou rente viagère
L'une des innovations majeures du PER par rapport aux anciens dispositifs d'épargne retraite réside dans la flexibilité des modalités de sortie. À l'âge de la retraite, l'épargnant peut choisir de récupérer son épargne sous forme de capital (en une fois ou de manière fractionnée), de rente viagère, ou d'une combinaison des deux, selon ses besoins et sa situation patrimoniale.
La sortie en capital peut s'avérer judicieuse pour financer un projet important (achat d'une résidence secondaire, travaux d'adaptation du logement, aide aux enfants...), tandis que la rente viagère offre la sécurité d'un revenu complémentaire régulier jusqu'à la fin de vie, protégeant ainsi contre le risque de longévité. La fiscalité diffère selon l'option choisie : le capital est soumis à l'impôt sur le revenu pour la part correspondant aux versements déductibles, tandis que la rente bénéficie du régime fiscal avantageux des rentes viagères à titre onéreux.
Le choix entre capital et rente doit s'inscrire dans une réflexion globale sur ses besoins de liquidités à la retraite et sur sa stratégie de transmission patrimoniale.
Gestion pilotée à horizon vs gestion libre : performances comparées
Le PER propose généralement deux modes de gestion de l'épargne : la gestion pilotée à horizon et la gestion libre. La gestion pilotée, option par défaut, consiste à sécuriser progressivement le capital à mesure que l'échéance de la retraite approche. Concrètement, la part des actifs risqués (actions) diminue au profit d'investissements plus sécurisés (obligations, fonds en euros) à l'approche de l'âge de départ en retraite.
Cette approche présente l'avantage de limiter le risque de perte en capital au moment où l'épargnant aura besoin de ses fonds, tout en ayant bénéficié du potentiel de performance des marchés financiers durant les années plus éloignées de l'échéance. Selon une étude récente de l'Association Française de la Gestion financière (AFG), la gestion pilotée a affiché une performance annualisée moyenne de 4,2% sur les dix dernières années, surperformant légèrement la gestion libre (3,9%) sur la même période.
La gestion libre, quant à elle, permet à l'épargnant de construire et d'ajuster lui-même son allocation d'actifs selon ses convictions et sa tolérance au risque. Cette option s'adresse davantage aux investisseurs avertis, capables d'adapter régulièrement leur stratégie en fonction de l'évolution des marchés et de leur horizon de placement.
Diversification boursière : ETF et PEA pour se constituer un capital
Face à l'érosion des rendements des placements sans risque et à la nécessité de se constituer un capital substantiel pour l'avenir, les Français s'intéressent de plus en plus aux marchés financiers. Selon le baromètre du Cercle des épargnants, 32% des épargnants se déclarent désormais prêts à accepter des produits plus risqués et plus rémunérateurs, soit une progression de 6 points en un an et de 16 points en six ans, témoignant d'une évolution significative des mentalités.
Les ETF (Exchange Traded Funds ou trackers) constituent une porte d'entrée privilégiée vers la bourse pour les investisseurs particuliers. Ces fonds indiciels cotés permettent d'investir sur un indice entier (comme le CAC 40, le S&P 500 ou le MSCI World) avec des frais réduits, généralement inférieurs à 0,5% par an, contre 1,5% à 2% pour les fonds actifs traditionnels. Cette démocratisation de l'accès aux marchés a contribué à l'essor de la gestion passive en France.
Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) demeure l'enveloppe fiscale privilégiée pour investir en bourse. Avec un plafond de 150 000 euros (225 000 euros pour le PEA-PME), il permet d'investir dans des actions européennes ou des OPCVM éligibles tout en bénéficiant d'une exonération d'impôt sur les plus-values après cinq ans de détention (seuls les prélèvements sociaux de 17,2% s'appliquent). Cette fiscalité avantageuse en fait un instrument idéal pour se constituer un capital sur le moyen-long terme.
Nouveaux actifs patrimoniaux : forêts, vignobles et énergies renouvelables
Au-delà des placements financiers traditionnels, on observe un intérêt croissant des épargnants français pour des actifs patrimoniaux alternatifs, combinant potentiel de rentabilité, diversification et quête de sens. Ces investissements, autrefois réservés à une clientèle fortunée, se démocratisent progressivement grâce à des véhicules d'investissement collectifs plus accessibles.
GFI et investissement forestier : fiscalité monichon et valorisation carbone
Les Groupements Forestiers d'Investissement (GFI) permettent aux particuliers d'investir indirectement dans des forêts françaises avec un ticket d'entrée relativement accessible (souvent à partir de 5 000 euros). Ce placement atypique présente des caractéristiques séduisantes : un rendement annuel de l'ordre de 2% issu de l'exploitation du bois, une valorisation progressive du capital liée à la croissance naturelle des arbres, et une faible corrélation avec les marchés financiers traditionnels.
Sur le plan fiscal, l'investissement forestier bénéficie d'avantages significatifs, notamment le régime Monichon qui permet une exonération partielle des droits de succession (à hauteur de 75%) sous condition d'engagement de gestion durable. De plus, les récentes évolutions réglementaires concernant la valorisation des crédits carbone ouvrent de nouvelles perspectives de rentabilité pour ces placements, les forêts jouant un rôle essentiel dans la séquestration du CO2 atmosphérique.
La dimension environnementale de l'investissement forestier répond aux préoccupations croissantes des épargnants en matière de finance responsable. Comme le souligne un récent rapport de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF), 64% des investisseurs particuliers déclarent désormais prendre en compte les critères environnementaux dans leurs décisions d'investissement.
GFV et rendement viticole : analyse par région (bordeaux, bourgogne, loire)
Les Groupements Fonciers Viticoles (GFV) permettent d'investir collectivement dans des vignobles prestigieux avec un ticket d'entrée généralement compris entre 5 000 et 10 000 euros. Ce placement patrimonial combine un rendement annuel issu du fermage (généralement entre 1,5% et 3% net) et un avantage en nature apprécié des épicuriens : la distribution d'une partie de la production en bouteilles.
Les performances varient sensiblement selon les régions viticoles. La Bourgogne affiche les plus fortes valorisations sur la dernière décennie, avec une progression moyenne du foncier viticole de 8% par an pour les appellations les plus prestigieuses. Le Bordelais présente un profil plus contrasté, avec des performances exceptionnelles pour les grands crus classés mais une stagnation pour certaines appellations moins renommées. La vallée de la Loire et le Rhône offrent quant à eux des points d'entrée plus accessibles et un potentiel de valorisation intéressant à moyen terme.
Comme pour l'investissement forestier, les GFV bénéficient d'avantages fiscaux attractifs, notamment une exonération partielle des droits de succession (75%) sous conditions. Il convient toutefois de souligner la sensibilité de ce placement aux aléas climatiques et aux évolutions des marchés internationaux du vin, facteurs de risque à intégrer dans une stratégie d'investissement diversifiée.
Crowdfunding EnR : participations citoyennes dans la transition énergétique
Le financement participatif dédié aux énergies renouvelables (EnR) connaît un essor remarquable en France, avec plus de 300 millions d'euros collectés en 2023, soit une progression de 35% par rapport à l'année précédente. Cette forme d'investissement permet aux particuliers de participer directement au financement de projets solaires, éoliens ou de méthanisation, généralement via des plateformes spécialisées.
Les rendements proposés, oscillant entre 4% et 7% annuels pour des durées de 3 à 7 ans, se positionnent favorablement dans le paysage actuel des placements à moyen terme. Au-delà de l'aspect financier, ces investissements répondent à une quête de sens de plus en plus prégnante chez les épargnants, désireux de contribuer concrètement à la transition énergétique tout en diversifiant leur patrimoine.
La dimension locale constitue souvent un facteur déterminant dans la décision d'investissement : selon une étude d'ADEME Investissement, 72% des participants à des projets de crowdfunding EnR déclarent avoir été motivés par la proximité géographique des installations financées. Ce modèle de financement participatif s'inscrit ainsi dans une logique de territorialisation de l'épargne, créant un lien tangible entre l'investisseur et l'impact concret de son placement.
Or et métaux précieux : valeur refuge en période inflationniste
Face aux incertitudes économiques et aux craintes inflationnistes, l'or et les métaux précieux connaissent un regain d'intérêt significatif auprès des épargnants français. Traditionnellement considéré comme une valeur refuge par excellence, l'or physique (lingots, pièces) a vu sa valorisation progresser de plus de 35% sur les trois dernières années, surperformant largement la plupart des classes d'actifs traditionnelles sur cette période.
Au-delà de l'or, d'autres métaux précieux comme l'argent, le platine ou le palladium attirent l'attention des investisseurs, notamment en raison de leur utilisation croissante dans les technologies vertes et l'industrie. L'argent, par exemple, constitue un composant essentiel des panneaux solaires, dont la production mondiale ne cesse d'augmenter dans le cadre de la transition énergétique.
Les modalités d'investissement se sont considérablement diversifiées ces dernières années. Si l'achat direct de métaux physiques reste privilégié par les investisseurs conservateurs (représentant environ 65% des transactions selon la Fédération des Négociants en Or), des alternatives comme les ETF adossés à l'or ou aux métaux précieux gagnent en popularité, offrant une liquidité accrue et des frais de conservation réduits par rapport au stockage physique.
Il convient néanmoins de rappeler que ces placements ne génèrent pas de revenus réguliers (contrairement aux dividendes des actions ou aux intérêts des obligations) et que leur valorisation peut connaître des périodes de forte volatilité. Les experts recommandent généralement de limiter l'exposition aux métaux précieux à 5-10% d'un patrimoine global, leur rôle étant davantage celui d'une assurance contre les crises systémiques que d'un moteur de performance à long terme.
En définitive, face à un contexte économique incertain et à des préoccupations croissantes concernant la retraite, les Français adaptent progressivement leurs stratégies d'épargne. Si les placements traditionnels comme l'assurance vie et le Livret A conservent leur prééminence, on observe une diversification croissante vers des actifs alternatifs offrant à la fois potentiel de rendement, protection contre l'inflation et alignement avec des valeurs personnelles. Cette évolution témoigne d'une maturité croissante des épargnants français, désormais plus enclins à adopter une vision patrimoniale globale et à long terme.